Caaku single Mother iyo hablaaha somaliyeed 😷

Visionnez la vidéo! Elle soulève une émotion…une interrogation…un mot !

Parfois les mots s’ussent et le coeur saigne. De 8 ans de vie en Europe, mes yeux et mes oreilles se sont irrités des mauvaises images de mère célibataire. J’en viens dans toute relation, le coran en a dicté une fin…heureuse ou malheureuse. Tout est maaqtub. Destin ! Fameux destin !

Ce même destin qui a fait des nombreuses somaliennes des « single Mother ». Comprises à tord et sous les mots cruels. Pourtant pour moi, ces femmes sont des héroïnes. Elles élèvent seules leurs enfants. Éducation, foyers et vies sont sous leurs responsabilités. Femmes fortes! Un travail de qualité car toute maison ne serait brillante si la poussière l’enveloppe. Femmes fières car tout enfant ne grandissait aisément dans une mère.

Comment blâmer ces femmes? Je ne suis pas une mère célibataire mais je les soutiens vraiment. Et les qualificatifs me manquent pour les décrire. Même pauvre, dans vos bras, tout enfant est riche ! Dignes mères!

 

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#Tribalisme à Djibouti : l’épée de Damoclès !

20150606_153647-1Me revoilà!  Avouez, vous m’avez beaucoup attendu!

Bref, je reviens vous écrire sur un thème qui m’énerve, sur des gens à merde. Oups, je suis devenue insolente! Eh ben, voilà le thème: je suis triste…à cause d’un tribalisme…devenu monnaie courante!

Il y’a tout juste deux jours, un homme mal habillé (oups, c’est encore mon insolence) avait tenu ce discours dans un bus : « Reer Hebel ! Le pays va mal! Ils ont bouffé la caisse! Les jeunes n’ont pas de travail! On nous a promis l’émergence! Regardez nos routes! On n’en a marre! Tout ça doit être rayé! Il n’est pas comme eux (un opposant), lui il a souffert, il connait nos souffrances! Vous voulez la belle vie? Du boulot! Chassez reer Hebel et Votez pour reer Hebel! Votez-nous »  

Quelle gueule hein? C’est comme les hommes de mon clan…de merde! Justement, il n’y a rien dans leur discours qui puisse s’assimiler à une ébauche de projet de société. A cerveau vide, politique cupide, propos creux! Ils n’ont aucun programme de développement viable et crédible. Ils sont peut-être de bon Qooto Qooto de foule, ils pourront distribuer de beaux billets, mais ils sont des oiseaux de malheur pour ce petit pays qui n’a que 40 ans.

Je me suis levée de ma sieste avec la colère dans la gorge, et les maux dans mes mots. Un article lu sur facebook, des tweets par là. Des commentaires…acerbités.

Depuis hier et aujourd’hui, enfant, ado et adulte, mes oreilles se sont irritées aux tambourinements populaires des « Qualités des tribus ». Plus précisément d’une phrase qui me cause l’’épilepsie, tant elle est aberrante employée par tous et sans honte. Huez-la, s’il vous plaît: « Ana reer Hebel ». 

Panafricaniste, il n’est de secret pour personne que j’ai une très grande haine envers les hommes et femmes qui ont plongé mon peuple dans les ténèbres. Il n’est aussi de secret pour personne qu’en septembre 1990, et tutti quanti, se déroulèrent des massacres contres des nôtres. J’ai tout simplement  entendu d’une voix qui ne mentait jamais…Ma grand-mère ! Mais comme vous pouvez s’y attendre j’ignore le contexte dans lequel « ce massacre » a eu lieu. Je n’étais même pas encore à l’école, n’étais pas encore pubère, et n’étais pas encore « tète pensante ».

1990 puis 1991 avec cette fois-ci une deuxième communauté, des maisons réduits à feu et à cendres! Je ne sais si d’autres massacres viendront mais en 2015, un dernier a eu lieu…en 2015…dans un quartier maudit que les hommes malhonnêtes ne causent que des maux ! Voyez-vous, je ne compare pas nos tragédies, je les pleure ! Mieux, je m’interroge ? Au nom de quoi, a-t-on tué ces âmes ? Au nom de quoi, a-t-on commis ces crimes ? Il y’a un point sur lequel, je ne pourrais me taire : celui de 1991 et celui de 2015 sont criés à chaque anniversaire par les citoyens lambda. Mais il faut taire celui de 1990 ! Pourquoi ? Interrogez feu-souris…en lui suppliant de livrer ses secrets.

Mes hormones de femme…insoumise à la bêtise se manifestent. Le sang affluât jusqu’à mes oreilles. Je dois me calmer. J’écoute Halima Magool. Elle chante ceux-ci :

Ninka guba dalkeena, Laatashada gumaystahow

Kugu gaaranay taladaad la gurguranaaysid

Caadka gooso kaliga

Celui qui brule et qui collabore avec l’ennemi de la Patrie ;

A l’œil nu, à l’aube, au crépuscule,

Nous sommes conscients  de ta  traîtresse.

Ninka guura habeenki ee gobonimada iibshow

Gardaaradu ma socoto, xarkaahaad cuntaysa kugulaysaan maysid

Le somnambule vendeur  de l’indépendance,

Injustice ne « brille » jamais, tes cordes seront démêlées.

Gacaanta ku gargarta iyo gogoshada lama cuno

Dee ciidaada lama gubo

On ne dévore pas la main tendue…pour te soulever.

On ne vend pas sa inestimable terre.

Xaaqod gacaanta haysa illaah kugu gaargaara

Gurmaad male khiyaamo

Gor’ba gor’ti ka daambaysa bay kulaso goo’da

Justice accouche réussite, c’est une promesse de Dieu.

Hypocrisie n’est recours.

Tôt ou tard elle vous trahit.

Waraay Gedd sare waabaay guunta karon

Caméléon !

Gaashaan dhigeeniiyo shacabkow gorfeya

guul darada ragii dhigay maxaan kaga gam eenaa

Gumoocdeed inlagu diilo, Geedsare inla rido

Midkebaad ugarateen

Armée digne ! Peuple digne !

Quel verdict pour les traitres ?

Peine de mort ou Maladie incurable ?

Votez ! Jugez !

Waa gar nin waliba wuxu geestay ba laga gudaya

Justice ! Ô Justice ! Chacun répond de ses actes !

Inutile de vous souler, je ne raterai aucune occasion pour interroger l’Histoire et …les historiens!! Je n’en trouve pas un réel historien chargé d’un devoir citoyen, de son cru…encore! C’est le coup de massue sur ma tète fatiguée de longues années de labeur et de recherches doctorales. Alors il me fallait enfin oser…m’ouvrir et écrire je le sens : ce torchon d’article.

J’ai toujours craint de dire mes pensées. Car mon grand-père, quand il jurait sur notre clan de bédouins (euh) d’intello maîtrisant la digne lignée de notre tribu, il a tout dit ! Je n’ai jamais cherché à connaître les raisons de son amour ni de mon réticence, peut-être par peur de découvrir que je n’étais pas aussi intrépide que je le dis.

Aujourd’hui, j’ai osé. Et je tiens à remercier tous ceux qui vont me suivre sur la voie si rocailleuse…si lente des chercheurs d’avenir, des bâtisseurs de Djibouti de demain.

Nos intellectuels, nos historiens, nos politiciens, nos parents, nos enseignants, nos ainés ont une lourde responsabilité, ils doivent nous parler d’hier. Ouvrons le dialogue, osons le débat d’idée et évitons de nous égarer. Nous sommes de la nouvelle génération, la première d’après 1977 ! Ecoutons et soyons imparties. Il ne s’agit pas pour moi, d’être encore une goutte dans l’océan, une plume dans un panier d’oiseaux. La critique est vaine sans la main qui se lève. C’est ma conviction…et si vous en êtes aussi convaincus, donnons-nous la main, et portons nos pierres à l’édifice du commun! Nous avons un système basé sur « le tribalisme », avouons-le et acceptons soit de changer le cours des choses, soit de la boucler ! Telle est le diktat, que dis-je, la leçon que chacun doit apprendre, intégrer et refléter par cœur s’il/elle ne veut pas se voir « heurter » au clan, tueur d’espoir. Ce qui sous notre ère sont des insultes à l’intelligence humaine. Ceci, si tant que l’on me demande que « Solidarité et Respect » sont anti-clan, je préfère être « sans clan ». 

Nous avons un devoir citoyen de contestation. Jeunesse ! Jeunesse ! Jeunesse ! Je vous appelle trois fois. Éloignons-nous de ce « cancer ». Le tribalisme est l’épée de Damoclès pour nous. Attention aider sa communauté n’est pas mauvais en soi tant que l’on respecte les autres.

Puisque nous avons eu la chance d’étudier, nous avons le devoir de hanter tous nos intellectuels, nos historiens, nos politiciens, nos aînés. Ils doivent être en mesure de fournir, en plus du T-shirt et du khat, des arguments qui prouvent qu’ils méritent de nous diriger, d’être nos guides ou de mériter le « terme intello ». Posons des questions pertinentes aux meetings! Participez-y! Nourrissez-vous! Enrichissez-vous le temps d’un instant mais pensez à leur donner la plus grande honte de leurs vies! Oubliez les « chiichiids » suivis des courses! Oubliez les insultes et le manque de respect sur les réseaux sociaux! Oui oubliez d’être reer hebel et de voir chez certains un lien ! Questionnez leurs visions…vous verrez ils sont sans convictions! Oh si! S’enrichir!

Et aux intellectuels, évitons le « mixeur », cherchons à distinguer le vrai du faux. Soyons le juge. Le vrai.  L’intellectuel est honorable et je suis désespérément à sa recherche. Il existe ; certes en nombre réduit mais il existe tout de même. Le faux intello, il est là. Nous sommes assez matures ! Questionnons-le, nous verrons, il ne « voudra » pas nous dire l’HISTOIRE et préfère l’histoire! N’acceptons pas les « non-dits»! 

Demandons-lui enfin les choses. Il ne saura même pas de quoi nous parlons! Il nous répondra qu’il est sincère. Tout ce qu’il veut: C’est d’être « Excellence », une garde rapprochée, l’immunité pour son magouille, des poches saturées de billets de Hassan Gouled, passer à la télé, et autres choses plus ou moins vide de sens. Ces gens-là me dégoûtent en effet. 

J’ai horreur de l’hypocrisie. Bande de vieux!

Oui, il est vrai que nous sommes jeunes, pauvres et faibles. Mais il est des questions qui tuent, des prises de conscience individuelles qui font la révolution. Et c’est la prière que je formule ce vendredi, jour saint de l’islam, à Djibouti, pays  si cher à mon cœur. Ne rendons pas inutiles des années d’école! Camarades ! Osons le débat ! La Patrie reer Djibouti! 

Opps : je rends hommage à tous mes êtres chers qui sont morts en 1990, en 1991 à Arhiba, en 2015 à Buldhoqo ! Les paumes de mes mains sont encore mouillées de larmes…de colère. Ils étaient tous et sans exception MIENS !

Djibouiennement, politiquement correct!

 

Le PRESTIGIEUX Mariage Somali  » Arros Somali » !

téléchargement (2)Sachant que plusieurs communautés cohabitent à Djibouti, en Somalie et en Ethiopie, terre de rencontres et d’échanges, notre sujet s’intitule le mariage somali. En clair le mariage somali concerne toute la communauté somalienne peu importe son emplacement géographique, dans la mesure où tous les somalis vivant à Djibouti, en Ethiopie ou en Somali, parlent la même langue, confessent la même religion et partagent les mêmes valeurs et traditions en ce qui est de la cérémonie du mariage. Jadis, pendant la saison des pluies de « Guu »et quelques fois tout au long de la saison sèche « Dayr », les nomades Somaliens se réjouissaient de l’abondance de la richesse obtenue la saison précédente et organisaient souvent leurs mariages. C’est le moment où la plupart de leurs animaux donnaient naissance. Il y avait beaucoup de lait, de l’herbe verte appelé COSOB pour tous les animaux, et de l’eau. Les vaches donnaient généralement naissance au cours de ces saisons et les laits sont appelés « Dambar » et sont souvent très prisés. Ils étaient destinés à être offerts aux convives et aux invités. Les villageois se rassemblaient sous des arbres, acclamant la douceur des saisons et chantaient des vers brillants de la poésie. Les femmes, allégées des tâches ardues de huttes démontage pendant les saisons sèches « Xagaa et Jiilaal » « Eté et Hiver », étaient heureuses et s’engageaient dans des conversations et des moments interminables de gaieté.

Les Mariages et les danses traditionnelles étaient un événement régulier au cours de ces saisons. C’était aussi un temps où chaque jeune venu de la grande ville accostait « une futur épouse ». Peuple riche de culture et de tradition, les danses et les cérémonies de mariage étaient les meilleures occasions pour se divertir et montrer son savoir faire. Les prétendants de chaque jeune fiancée n’avaient ni d’argent ni de bijoux à offrir à leur futur mariée, mais ici une chose était très appréciée par-dessus de tout : l’éloquence de la parole. Dans cette société nomade, même la quantité de chameaux possédés par un Homme ou la lignée aristocratique dont il est originaire peuvent parfois être peu significatives dans un monde où le discours et la poésie sont considérablement triomphants. L’ éloquence d’un homme était su que lorsqu’il chantait les louanges de son clan, l’honneur de sa famille, sa bienveillance et son courage à protéger la femme qu’il admire par des éloges, avec l’utilisation d’ un tableau de métaphores ,des descriptions de la vie nomade et des indications dont le seul but était de faire deviner à tout un chacun son amoureuse. C’était aussi une manière de démontrer sa capacité intellectuelle aux yeux attentifs de son discours. La poésie était ici un passe-temps pour tous. L’homme devrait donc être capable d’évoquer des sentiments profonds à travers la récitation et la compléter par une danse hypnotique. Les femmes aussi étaient malines dans leur discours et répondaient souvent avec des mots tranchants.

Mais ça c’était HIER.

Aujourd’hui, il est le fruit d’une longue discussion et d’un amour éblouissant. Le mariage somalien est un événement à part entière pour un couple. A Djibouti, 7 000 couples se sont dit « oui » en 2011 et chaque année, près de 38 milles personnes participent à un mariage. Concernant les dispositifs, le mariage est conclu en République de Djibouti devant Al Ma’doun Al Char-i en présence des témoins honorables. Il n’est formé que par le consentement des deux époux mais la femme est représentée par son tuteur. La fixation du Mahr (la dote) au profit de la femme est, en outre, requise pour la validité du mariage. Nous vous proposons un aperçu de la préparation de la cérémonie à l’installation du couple à leur nouvelle demeure.

L’engagement et le mariage : La bénédiction nuptiale : En fonction des coutumes et des traditions locales, l’organisation de la cérémonie subit des variations pour mieux représenter non seulement l’image du couple en question mais surtout l’image de la femme appartenant à telle ou telle communauté. Chaque type d’organisation est donc révélateur de mystères et obéit à des règles strictement nécessaires qui caractérisent son appartenance à une communauté précise. On y compte trois jours de festivités. Les mariages sont l’un des aspects les plus importants de la culture Somalienne. Tous les « Somalis People » veillent au respect de cette précieuse coutume. Un mariage dénote non seulement l’union de deux âmes, mais aussi la relation entre deux familles et, plus important encore, deux tribus. L’engagement ou « Mahr » se déroule généralement quelques jours avant le mariage, et parfois le même jour. Les arrangements de mariage et les accords sont tous installés le jour même pour préparer la grande cérémonie. Mais avant de déclarer le mariage, il ya de nombreux obstacles à franchir et des conditions à remplir. Il s’agit notamment :

Gabaati : Il s’agit généralement d’un cadeau offert à la famille de la jeune femme au moment où le prétendant « accompagné par son père ou un proche » demande « au père » la main de sa fille en mariage.

Yarad : C’est un cadeau offert à la famille de la jeune fille le jour de l’engagement comme une forme de reconnaissance. Habituellement, un châle et de l’argent enveloppé dans une coûteuse shemagh ou keffiyah (des habilles) sont donnés.

Sooryo : c’est un cadeau offert aux membres masculins de la famille de la jeune fille. Habituellement ce sont ses frères et cousins …etc. qui le prennent. Il est toujours sous la forme d’argent.

Mahr : c’est l’engagement. Le montant de la dot généralement connue comme le Mahr doit faire l’objet d’une promesse. Le Mahr n’a pas besoin d’être payé dans l’immédiat, mais c’est une promesse que l’homme est tenu de la respecter. Société exigeante sur la main d’une femme, toutes les conditions sont vérifiées au préalable avant la dot. Le mariage ne peut avoir lieu que lorsque toutes les requêtés sont satisfaites. Le mariage sera donc célébré. Selon leur goût, le couple organise « la nuit festive ». Entre la robe, la décoration du lieu de réception et l’ambiance, on se croirait bien à l’émission « 4 mariages pour une Lune de Miel de TF1 ».Le jeune couple échange sous les applaudissements les alliances, danse avec les invités et immortalise ce moment inoubliable. En générale, la fête dure jusqu’à minuit en Somalie et en Ethiopie, mais jusqu’à l’aube à Djibouti. Aucune autorisation n’est à demander aux voisins si le mariage est organisé dans une maison. Les Djiboutiens choisissent plutôt un lieu à part. On y trouve dans la capitale Djiboutienne : Hôtel Sheraton, Hôtel Djibouti, Fan city et la terrasse de Cité Saoudie qui défient toute concurrence. En somalie du Sud, il faut prévoir le groupe de danse Niko qui propose une danse variée pour chaque couple.

Après la cérémonie du mariage (la grande fête), le Gelbis et le Diqho :

S’il ya un pays ou dans une société où les Hommes n’ont ni des maux, ni des mots à dire au moment d’un Mariage, c’est bien à DJIBOUTI. Après avoir été soumis aux multiples questions et casse tète d’un mariage où Monsieur a tout payé sans la moindre aide de Madame, il est invité à nouveau à mettre la main dans sa poche. Et pour cause il reste le Fameux « GELBIS ».Une fois que le mariage ait été célébré, les jeunes mariés savourent leur amour pendant quelques petits mois. Très vite le couple cherche « un nid d’amour » selon leur moyen. Outre les meubles achetés, il faut de l’argent pour tous les ustensiles indispensables à la décoration. Selon les tendances du moment et le goût du jour, les biens nécessaires sont souvent commandés à l’étranger. Djibouti ne produit RIEN. La tâche est difficile certes mais généralement une fois que les matériels sont fournis (meubles, salon, décores…etc.), la famille et les amis entrent en action et aident la jeune épouse. Lorsque tout sera prêt, le couple fixe une date pour le GELBIS. Tout le monde est invité à une date spécifiée. Les femmes participent à l’événement dans leurs robes colorées et escortent la jeune mariée qui se dresse au milieu d’elles, ombragée par un long châle doré, jusqu’à la demeure. Tout d’abord les invités sont reçus dans une pièce décorée selon l’habitude locale, c’est à dire des nattes recouvrant le sol et des coussins tout autour de la pièce pour s’asseoir. Une place est réservée en particulier à la mariée, avec devant elle, un panier où sont mis tous les bijoux dont elle va devoir se couvrir avant d’être rejointe par le mari. Les femmes font la fête tout au long de la soirée. Les amies de la mariée, les femmes de la famille se réunissent et pendant toute l’après-midi préparent la mariée à sa future vie d’épouse. Elles dansent et chantent pour elles, s’amusent ensemble. Les femmes âgées ou les mères donnent leurs conseils. Les jeunes copines préparent à manger (samboussas, pâtisseries, bonbons et gâteaux variés.) C’est un moment festif, où toutes les femmes s’amusent entre elles. La mariée se fait habiller, parfumer, coiffer …etc. Le parfum choisit, porté et honoré pour le jour du mariage, est souvent très cher. Il ya aussi en même temps des encens brulés, tout au long de ces séances d’habillage. Des cadeaux lui sont offerts. Ils sont des gestes d’amitiés, de soutien, d’échanges de conseils, de préparation psychologique à la nouvelle vie…. Pour finir de se parer, la jeune épouse va également choisir les motifs de tatouage au henné, qu’elle portera aux mains, aux pieds en sachant que les motifs restent. Une quinzaine de jours en place. Les invités et les Amis proches quittent la nouvelle demeure à partir de 1H du matin. Il ne reste plus qu’à souhaiter bonne chance au nouveau couple car c’est maintenant qu’ils se connaîtront. Les masques tombent et le véritable caractère de chacun se révèle.

Bien sûre le marié mériterait un cadeau à son tour. Le « Diqho » est à l’initiative des belles mères. Organisé quelques mois après avoir emménager ensemble, le couple communique la date à laquelle ils peuvent recevoir les deux familles. Ils ne paieront rien cette fois-ci et recevront le Xeedho, des denrées alimentaires, des cadeaux et de l’argent. Le Xeedho est une coutume répandue. Les racines du Xeedho se trouvent dans les terres pastorales avec les nomades somaliens. Le Xeedho, avec sa forme gracieuse d’enroulement est conçu en image de la mariée. Précieux, il est conservé et remis à main propre aux mariés. De l’intérieur on y met soit des nourritures, soit des cadeaux en nature ou en espèces. Les membres des deux familles se rassemblent autour de grands cercles, le Xeedho est placé dans le milieu et la cérémonie commence. Les femmes font des youyous «mashxarad »et chantent des chants de louange du prophète.

 » Nuur Allow, Nebi Allow, Maxamad Nebi, Magac samow »

« O l’envoyé de Dieu, O Prophète Mohamed (SAW), Louange à ton nom et ta bénédiction!  »

Elles abordent la beauté de la mariée et l’honneur de sa famille. Le reste des femmes se rassemblent à l’extérieur de la maison, laissant quantité adéquate de l’espace pour certaines. Les deux parties étant maintenant debout à l’entrée de la maison, les bénédictions sont déversées sur les nouveaux mariés. Des versets du Saint Coran sont récités .Amen est déclaré en masse, les feux d’artifices s’éparpillent dans l’air. Après cette séance délicate où des voix se sont fait entendre, les membres entrent et mangent ensemble un plat « le casu’uma » avec de la viande fraîche (souvent la viande d’un mouton égorgé dans la matinée). En fin de soirée, la mariée et le marié remercient les deux familles et se chargent de ranger les nombreux cadeaux. Les convives quittent la maison sous les feux d’artifices. Ceci conclut le Diqho. C’est la Fin d’une belle aventure.

 

Un parcourt initiatique, terrible, semé d’embûches !

En 2010 Choukri, une jeune Somalienne de 30 ans, a traversé en toute illégalité l’Afrique subsaharienne pour s’embarquer sur un esquif de fortune et affronter la méditerranée afin d’entrer clandestinement en Italie. Elle vivait vit à Torino (Italie) et a réussi à obtenir une carte de séjour en toute légalité. Je reviens sur son parcours héroïque, ses espérances où assez souvent le rêve d’une vie meilleure tarde toujours à se réaliser. C’est un bien terrible voyage que nous raconte l’émission Witness de la chaine Qatari ALJEZIRA à partir du voyage de Choukri en 2010, la jeune migrante dont on suit l’itinéraire et dont les croquis sont reportés dans l’émission. Habitué à entendre les histoires de bateaux d’immigrants qui s’échouent en méditerranée ou les histoires des centres dans lesquels ils sont recueillis, le voyage que des milliers d’africains tentent chaque années a perdu de sa réalité à tous les yeux. Mais Choukri lui donne un visage, et j’apprends surtout combien est long et dangereux ce périple ! Finalement, ça ressemble à un parcourt initiatique, terrible, semé d’embûches et de dangers mortels, et qui d’ailleurs ne mène pas toujours vers cet ailleurs nommé Europe. Mue par un incroyable espoir en un endroit où un avenir meilleur est possible, la jeune somalienne, mère de 4 enfants laissés en Somalie, comme tant d’autres, tente l’aventure. Mais pour ceux qui parviennent au terme de l’épopée, la désillusion est parfois rude. Rien n’est épargné à choukri : les passeurs aux prix exorbitants et aux pratiques inhumaines, la perte de certains de ses compagnons d’infortune à bords d’esquifs qui prennent l’eau, la soif et la faim, la chaleur du désert entre le Sudan et la Libye, les pannes, les policiers, les profiteurs et les trafiquants en tout genre pour finalement affronter l’illégalité en Europe comme « sans-papiers » en attente de régularisation. La narration ne suffisant pas à restituer les mois d’angoissent et de déboires divers, de frustration et de peur, le visage de choukri y accompagne. En effet, les clichés oscillent entre, d’une part les beautés formelles des paysages et des hommes, magnifiées par les propos rapportés, et d’un autre côté les désespoirs qui se lient sur les visages des immigrés et la dure réalité qu’ils mènent à traverser. Choukri nous offre les couleurs du désert et de la mer, les lumières de la somalie, mais aussi ses refuges improvisés et le témoignage de ses difficultés. Bien plus qu’un reportage c’est avant tout une Histoire vraie. Choukri et sa colocataire décrient la dure réalité de leur vécu. Elles, réfugiées certes, pensent à leurs enfants mais se trouvent parfois au cœur d’un malentendu familial. En effet on leur réclame sans cesse de l’argent pour leurs enfants. Et pourquoi j’écris cet article, parce que je connais l’Europe. Douce Europe qui m’a formé dans ses universités. Douce Europe qui m’a émancipé et donné une vie meilleure parce que j’étais universitaire…et en règle !

Cette même Europe n’ouvre ses portes à toutes les femmes. Choukri m’oblige à crier pour dénoncer nos états africains qui laissent pour compte enfants et mères !

 

Un peu sous la colère, un peu sous le ras-le-bol.

17494521_1884445808500492_8354922154885644288_nDepuis de longues années, le statut de la femme de la corne n’a pas cessé de subir des mutations. Le fameux code de la famille est passé par là. Initié et mis sur pied par des militantes Djiboutiennes en 2002, il continue de nourrir le débat entre Hommes et Femmes. Ces textes, jugés trop brutales par des unes, trop faibles par des autres, me font réfléchir. Alors suis-je à la recherche d’un autre modèle de femme Djiboutienne ? Cette question mérite toute mon attention car c’est à partir de là que je pourrais connaitre le rôle pour lequel mes consœurs seraient dévouées et la finalité socio-économique que ma société pourrait en tirer. La fièvre de la modernité touche mon continent et les femmes de ma contrée n’ont pas fini de crier leurs maux à l’instar de Nima Djama qui murmure des chants, ou celle qui écrit des maux comme l’écrivaine Aicha Mohamed. A proprement parler, laquelle préfère t-on entre une obéissante « yabsuma » et une éduquée qui vous suggère la rentrée littéraire ? Difficile de rêver mieux  pour nous (femmes Djiboutiennes) entre une styliste renommée comme Anna Getaneh et un prix Nobel comme Wangari Mathai (paix à son âme). Si l’image d’aujourd’hui reflète une femme prédisposée à occuper une position subalterne dans sa société d’émergence, le passé glorieux de mes consœurs à la peau couleur d’ébène n’a jamais été ainsi. Guerrières et intelligentes, elles ont écrit une page de l’Histoire. J’ai appris récemment l’Histoire émouvante de celles qui ont milité pour le drapeau national, pour la république…pour l’indépendance. Je pense à Roukiya Abdillahi, à Saada Ibrahim, à Fatouma  A. Dembil, à Nima Djama et tant d’autres… Je pense à « nos consœurs somaliennes » ! Particulièrement à l’épouse de Mohammed Abdullah Hassan et commandante de son armée Derviche, qui occupa une place de choix. Il serait donc ignorant de lui prêté des positions de second rang. Certes encore beaucoup à Faire pour l’émancipation de la Femme de Djibouti ! Des axes me semblent importants à aborder. D’une part les budgets alloués chaque année aux structures en charge de la promotion de la Femme et dont le seul retombé serait l’organisation des manifestations festives. C’est dommage que ces moments extrêmement rares ne soient pas meublées par des points de réflexion et des recueils des doléances. Il en va de même pour nos femmes politiques qui doivent d’avantage se démarquer pour manifester leurs envies de représenter les minorités non visibles et les discriminées car le droit de l’Homme s’il n’est accompagné de la promotion du genre ne peut être efficace. Par ces réalités défigurées, l’Ethiopie est le seul pays de la région à s’en sortir mieux. Le pays de Menen I affiche sa fierté d’avoir la médaillée Tirunesh Dibaba d’un coté, de l’autre la Miss Meron Abebe. Chaque année des success story se révèlent. Primées et mondialement connues la notoriété des éthiopiennes dépasse le cadre national. La Somalie talonne et se fait remarquer par des héroïnes comme Iman Abdelmajid et Fatima Said. Warris Dirié et son « Desert flower » a réuni des millions de téléspectateurs au monde mais leur seul Handicap est la guerre civile dans leur pays. En attendant, nous aurons toujours un sentiment de laisser pour compte. Mais, je m’y suis fait. Je vis avec. Alors pourquoi est-ce que j’évoque ce sujet ? A cause d’une énième colère que j’essaye de digérer en rédigeant cet article.

Il y a quelques jours, dans un bus de Hodan PK12, j’assiste à une discussion…comment dire « dépourvu de tout respect ». Inutile de dire que j’ai réagi à voix haute… Moi qui suis d’habitude très timide, mais j’ai aimé l’authenticité de certaines femmes qui ne font pas semblant d’être autre chose que ce qu’elles sont. Même si que je n’étais pas en accord avec leurs points de vue, j’ai échangé avec elles, parfois contre elles.

La mentalité de certains adultes m’a laissé bouché-bée. Littéralement.

Un vrai positionnement de la femme et de son rôle…tant dans la société que dans son couple, l’inclusion d’un certain modèle de «  femme Djiboutienne », tous les mots cruels, toutes les anecdotes possibles, toutes les formes de corps/beauté, toutes les structures de visages. Il y avait de tout et ça faisait mal. Puis « ils » ont décrit les caractéristiques de la femme parfaite. Inutile de vous dire, qu’ils ont élu « Soit belle et tais-toi » ou encore « Prend les frics et soumets-toi ». Pire presque plus de la moitié des femmes dans le bus étaient d’accords avec eux. Hein…Seigneur ! Et le cœur d’un femme ? Et les rêves d’enfants de chacune ?

 

 

Mon voisin…d’autres cieux !

Père, Père,Père!

On remarque la valeur du sel lorsque l’on a omis de son plat… Et la valeur d’un père après sa mort !

Voilà un mois que je suis voisine du cimetière oú est enterré l’auteur de ma minable vie. Cimetière d’Ambouli.

Les passants de la petite ruelle qui mène vers le bus, peuvent témoigner de mon état d’esprit chaque jour. Si je hâte mes pas, si je serre mes cernes pour vaincre les larmes qui se dégagent de mes yeux, si je me mets au téléphone ou si je détourne le regards, c’est pour tout simplement éviter de s’enrouler sur les sables creux. Et l’on criera la folle. Je le sais. Et l’on me taxera la possédée. Je le sens.

Qui se soucie de la peine d’autrui dans un pays déshumanisé?  Qui compatie avec un coeur meurtrie par l’absence dans une société « morte-vivante » ?

Et l’on joue les jeux de chacun: paraître! Et je murmure l’éternel fatiha, les douas puissant et la prière de mort à chaque passage de cette maudite ruelle. Comme toutes les orphelines je me console que précieux père veille sur moi.

Que font les autres lorsque le coeur est brisé?  L’on pense au père décédé!  Que font les autres lorsqu’elles se marient, divorcent ou dansent sur « la piste » vertigineuse de la vie ? L’ on pense à l’absent éternel!

Je vous avertis!  Je ne compte pas me taire sur cet absent de mes bonheurs et malheurs ! Je l’ecrirai. Et tant pis si vous aurez marre de mon état d’âme! Et si cette vidéo ne vous touche pas…vous ne comprendrez pas le sens de ma vie !

Bisou😘

Une année de…mariage!♥

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«Le plus bel amour est celui qui éveille l’âme et nous fait nous surpasser. Celui qui enflamme notre cœur et apaise nos esprits. » (The Notebook)♥

3Voilà maintenant précisément une année que je suis mariée♥. Une année que j’appris beaucoup et mûrie. Mais notre histoire est particulière, propre à nous. Je ne l’embellis pas. Je ne fonde pas de faux espoirs. Je la vis et je me dis que malgré toutes les difficultés de la distance, je suis heureuse malgré tout. Et il y a quelque chose de séduisante et pleine de promesse. Oui j’aborde rarement ma relation à distance avec mon mari. Par pudeur parce qu’il s’agit de notre vie privée et de notre amour. Il y a parfois, souvent les soirs, un sentiment de solitude profond que j’ai l’impression de me noyer dans une peine. Il n’y a que son regard qui me console. Chaque moment avec lui, même les plus futiles, sont gravés dans mon « marbre ». Oui comme tous les couples, parfois l’incompréhension peut s’infiltrer, la frustration prendre le relaie et engendrer une dispute. Et réconciliation précède. Ainsi va la vie …d’un couple ! Lire la suite

Comme une envie de refaire surface

sssDepuis quelque mois je ne suis pas venu écrire sur ce qui a été mon passe-temps de toujours. La littérature… Bientôt 2 ans que j’ai ouvert ce blog qui consiste à retracer mes souvenirs nomades et mes goûts littéraires.

Et je me rends compte combien j’ai délaissé l’écrit, mûrie et surtout mariée, aux côtés de ma bibliothèque. Mais mes fatigues ne me détourneront pas longtemps de mes plaisirs. Je sais car je penserai au nourrisson orphelin que j’étais. Je penserai à l’aveugle voisin qui ne verra jamais mon sourire d’enfant. Je penserai au calvaire de ma veuve maman d’à peine 27ans… Je penserai… Et l’envie d’écrire persistera, déferleront en moi les vagues d’un immense courage pour affronter la page blanche ! Sincèrement. Lire la suite

Tu es mon héros si…

telechargement-4C’est la fin des vacances. Dans quelques jours, c’est la rentrée littéraire. Je sens que cette année encore ma bibliothèque sera remplie. Mais en attendant ces jours-ci les rues de mon quartier sont plutôt vides à cette heure de fin d’après-midi et je trouve ça déprimant. Alors d’un pas vif, je traîne mes pieds en évitant les flaques de pluie, les yeux rivés à mon Samsung. Je lis ! oui je lis Phillis wheatley…et son héro ! Lire la suite

Une Mère c’est l’amour en entier et sans condition!

♠Bonne fête de mère♥

Un village ! Des bétails, des gabays et des pas de dance saylici ! Moi ! Oui moi, l’enfant heureux dans les bras d’une grand-mère aimante, a douloureusement découvert à 6 ans qu’il y’avait une mère avant une grand-mère. Comme disaient certains : c’est sans doute un détail mais pour moi, ça veut dire beaucoup.

Ça veut dire beaucoup parce que par la qualité de la relation que grand-mère m’offrait, je peux mettre aujourd’hui en perspective mes relations.

Je n’ai jamais voulu comparer mes relations. Pourquoi ? Parce que c’est difficilement comparable. Tout change : le contexte, mon âge, mes attentes, mes luttes intérieures. Je change.

Mais tout de même. Je suis restée cet enfant qui aspirait tout simplement à être heureux. Et qui découvre que les mères décident à contrecœur de confier à tiers personne leurs enfants parce qu’elles sont matériellement incapables de l’élever correctement, dignement. Alors j’écris leurs cris car écrire c’est le seul verbe que je conjugue! Je souhaiterais ne rien écrire pour nuire mais aussi ne rien taire pour plaire.

Cette lettre je l’ai écrite en pensant à elle, éprouvée mère, victime à 27 ans d’un triste sort. Des mots qui sortent du cœur tout simplement ! Je la partage avec vous car je me suis dit qu’elle pourra peut-être intéressée certains.

20160413_171628-1Ma ♥ je suis cette grande fille, certes imparfaite, mais qui t’aime comme la prunelle de ses yeux ♥

J’ai grandi et passée par pleins de chemins importants… Je suis depuis quelques temps dans le monde des adultes…mariée et je peux te dire que je commence à peine à comprendre ta vie telle qu’elle était vraiment ! Alors si je pourrais considérer tes joies et tes larmes en prenant conscience de certaines choses dès maintenant, je gagnerais du temps et éviterais de trébucher là où tu t’es heurtée, je le fais sans hésiter ! Lire la suite