Le PRESTIGIEUX Mariage Somali  » Arros Somali » !

téléchargement (2)Sachant que plusieurs communautés cohabitent à Djibouti, en Somalie et en Ethiopie, terre de rencontres et d’échanges, notre sujet s’intitule le mariage somali. En clair le mariage somali concerne toute la communauté somalienne peu importe son emplacement géographique, dans la mesure où tous les somalis vivant à Djibouti, en Ethiopie ou en Somali, parlent la même langue, confessent la même religion et partagent les mêmes valeurs et traditions en ce qui est de la cérémonie du mariage. Jadis, pendant la saison des pluies de « Guu »et quelques fois tout au long de la saison sèche « Dayr », les nomades Somaliens se réjouissaient de l’abondance de la richesse obtenue la saison précédente et organisaient souvent leurs mariages. C’est le moment où la plupart de leurs animaux donnaient naissance. Il y avait beaucoup de lait, de l’herbe verte appelé COSOB pour tous les animaux, et de l’eau. Les vaches donnaient généralement naissance au cours de ces saisons et les laits sont appelés « Dambar » et sont souvent très prisés. Ils étaient destinés à être offerts aux convives et aux invités. Les villageois se rassemblaient sous des arbres, acclamant la douceur des saisons et chantaient des vers brillants de la poésie. Les femmes, allégées des tâches ardues de huttes démontage pendant les saisons sèches « Xagaa et Jiilaal » « Eté et Hiver », étaient heureuses et s’engageaient dans des conversations et des moments interminables de gaieté.

Les Mariages et les danses traditionnelles étaient un événement régulier au cours de ces saisons. C’était aussi un temps où chaque jeune venu de la grande ville accostait « une futur épouse ». Peuple riche de culture et de tradition, les danses et les cérémonies de mariage étaient les meilleures occasions pour se divertir et montrer son savoir faire. Les prétendants de chaque jeune fiancée n’avaient ni d’argent ni de bijoux à offrir à leur futur mariée, mais ici une chose était très appréciée par-dessus de tout : l’éloquence de la parole. Dans cette société nomade, même la quantité de chameaux possédés par un Homme ou la lignée aristocratique dont il est originaire peuvent parfois être peu significatives dans un monde où le discours et la poésie sont considérablement triomphants. L’ éloquence d’un homme était su que lorsqu’il chantait les louanges de son clan, l’honneur de sa famille, sa bienveillance et son courage à protéger la femme qu’il admire par des éloges, avec l’utilisation d’ un tableau de métaphores ,des descriptions de la vie nomade et des indications dont le seul but était de faire deviner à tout un chacun son amoureuse. C’était aussi une manière de démontrer sa capacité intellectuelle aux yeux attentifs de son discours. La poésie était ici un passe-temps pour tous. L’homme devrait donc être capable d’évoquer des sentiments profonds à travers la récitation et la compléter par une danse hypnotique. Les femmes aussi étaient malines dans leur discours et répondaient souvent avec des mots tranchants.

Mais ça c’était HIER.

Aujourd’hui, il est le fruit d’une longue discussion et d’un amour éblouissant. Le mariage somalien est un événement à part entière pour un couple. A Djibouti, 7 000 couples se sont dit « oui » en 2011 et chaque année, près de 38 milles personnes participent à un mariage. Concernant les dispositifs, le mariage est conclu en République de Djibouti devant Al Ma’doun Al Char-i en présence des témoins honorables. Il n’est formé que par le consentement des deux époux mais la femme est représentée par son tuteur. La fixation du Mahr (la dote) au profit de la femme est, en outre, requise pour la validité du mariage. Nous vous proposons un aperçu de la préparation de la cérémonie à l’installation du couple à leur nouvelle demeure.

L’engagement et le mariage : La bénédiction nuptiale : En fonction des coutumes et des traditions locales, l’organisation de la cérémonie subit des variations pour mieux représenter non seulement l’image du couple en question mais surtout l’image de la femme appartenant à telle ou telle communauté. Chaque type d’organisation est donc révélateur de mystères et obéit à des règles strictement nécessaires qui caractérisent son appartenance à une communauté précise. On y compte trois jours de festivités. Les mariages sont l’un des aspects les plus importants de la culture Somalienne. Tous les « Somalis People » veillent au respect de cette précieuse coutume. Un mariage dénote non seulement l’union de deux âmes, mais aussi la relation entre deux familles et, plus important encore, deux tribus. L’engagement ou « Mahr » se déroule généralement quelques jours avant le mariage, et parfois le même jour. Les arrangements de mariage et les accords sont tous installés le jour même pour préparer la grande cérémonie. Mais avant de déclarer le mariage, il ya de nombreux obstacles à franchir et des conditions à remplir. Il s’agit notamment :

Gabaati : Il s’agit généralement d’un cadeau offert à la famille de la jeune femme au moment où le prétendant « accompagné par son père ou un proche » demande « au père » la main de sa fille en mariage.

Yarad : C’est un cadeau offert à la famille de la jeune fille le jour de l’engagement comme une forme de reconnaissance. Habituellement, un châle et de l’argent enveloppé dans une coûteuse shemagh ou keffiyah (des habilles) sont donnés.

Sooryo : c’est un cadeau offert aux membres masculins de la famille de la jeune fille. Habituellement ce sont ses frères et cousins …etc. qui le prennent. Il est toujours sous la forme d’argent.

Mahr : c’est l’engagement. Le montant de la dot généralement connue comme le Mahr doit faire l’objet d’une promesse. Le Mahr n’a pas besoin d’être payé dans l’immédiat, mais c’est une promesse que l’homme est tenu de la respecter. Société exigeante sur la main d’une femme, toutes les conditions sont vérifiées au préalable avant la dot. Le mariage ne peut avoir lieu que lorsque toutes les requêtés sont satisfaites. Le mariage sera donc célébré. Selon leur goût, le couple organise « la nuit festive ». Entre la robe, la décoration du lieu de réception et l’ambiance, on se croirait bien à l’émission « 4 mariages pour une Lune de Miel de TF1 ».Le jeune couple échange sous les applaudissements les alliances, danse avec les invités et immortalise ce moment inoubliable. En générale, la fête dure jusqu’à minuit en Somalie et en Ethiopie, mais jusqu’à l’aube à Djibouti. Aucune autorisation n’est à demander aux voisins si le mariage est organisé dans une maison. Les Djiboutiens choisissent plutôt un lieu à part. On y trouve dans la capitale Djiboutienne : Hôtel Sheraton, Hôtel Djibouti, Fan city et la terrasse de Cité Saoudie qui défient toute concurrence. En somalie du Sud, il faut prévoir le groupe de danse Niko qui propose une danse variée pour chaque couple.

Après la cérémonie du mariage (la grande fête), le Gelbis et le Diqho :

S’il ya un pays ou dans une société où les Hommes n’ont ni des maux, ni des mots à dire au moment d’un Mariage, c’est bien à DJIBOUTI. Après avoir été soumis aux multiples questions et casse tète d’un mariage où Monsieur a tout payé sans la moindre aide de Madame, il est invité à nouveau à mettre la main dans sa poche. Et pour cause il reste le Fameux « GELBIS ».Une fois que le mariage ait été célébré, les jeunes mariés savourent leur amour pendant quelques petits mois. Très vite le couple cherche « un nid d’amour » selon leur moyen. Outre les meubles achetés, il faut de l’argent pour tous les ustensiles indispensables à la décoration. Selon les tendances du moment et le goût du jour, les biens nécessaires sont souvent commandés à l’étranger. Djibouti ne produit RIEN. La tâche est difficile certes mais généralement une fois que les matériels sont fournis (meubles, salon, décores…etc.), la famille et les amis entrent en action et aident la jeune épouse. Lorsque tout sera prêt, le couple fixe une date pour le GELBIS. Tout le monde est invité à une date spécifiée. Les femmes participent à l’événement dans leurs robes colorées et escortent la jeune mariée qui se dresse au milieu d’elles, ombragée par un long châle doré, jusqu’à la demeure. Tout d’abord les invités sont reçus dans une pièce décorée selon l’habitude locale, c’est à dire des nattes recouvrant le sol et des coussins tout autour de la pièce pour s’asseoir. Une place est réservée en particulier à la mariée, avec devant elle, un panier où sont mis tous les bijoux dont elle va devoir se couvrir avant d’être rejointe par le mari. Les femmes font la fête tout au long de la soirée. Les amies de la mariée, les femmes de la famille se réunissent et pendant toute l’après-midi préparent la mariée à sa future vie d’épouse. Elles dansent et chantent pour elles, s’amusent ensemble. Les femmes âgées ou les mères donnent leurs conseils. Les jeunes copines préparent à manger (samboussas, pâtisseries, bonbons et gâteaux variés.) C’est un moment festif, où toutes les femmes s’amusent entre elles. La mariée se fait habiller, parfumer, coiffer …etc. Le parfum choisit, porté et honoré pour le jour du mariage, est souvent très cher. Il ya aussi en même temps des encens brulés, tout au long de ces séances d’habillage. Des cadeaux lui sont offerts. Ils sont des gestes d’amitiés, de soutien, d’échanges de conseils, de préparation psychologique à la nouvelle vie…. Pour finir de se parer, la jeune épouse va également choisir les motifs de tatouage au henné, qu’elle portera aux mains, aux pieds en sachant que les motifs restent. Une quinzaine de jours en place. Les invités et les Amis proches quittent la nouvelle demeure à partir de 1H du matin. Il ne reste plus qu’à souhaiter bonne chance au nouveau couple car c’est maintenant qu’ils se connaîtront. Les masques tombent et le véritable caractère de chacun se révèle.

Bien sûre le marié mériterait un cadeau à son tour. Le « Diqho » est à l’initiative des belles mères. Organisé quelques mois après avoir emménager ensemble, le couple communique la date à laquelle ils peuvent recevoir les deux familles. Ils ne paieront rien cette fois-ci et recevront le Xeedho, des denrées alimentaires, des cadeaux et de l’argent. Le Xeedho est une coutume répandue. Les racines du Xeedho se trouvent dans les terres pastorales avec les nomades somaliens. Le Xeedho, avec sa forme gracieuse d’enroulement est conçu en image de la mariée. Précieux, il est conservé et remis à main propre aux mariés. De l’intérieur on y met soit des nourritures, soit des cadeaux en nature ou en espèces. Les membres des deux familles se rassemblent autour de grands cercles, le Xeedho est placé dans le milieu et la cérémonie commence. Les femmes font des youyous «mashxarad »et chantent des chants de louange du prophète.

 » Nuur Allow, Nebi Allow, Maxamad Nebi, Magac samow »

« O l’envoyé de Dieu, O Prophète Mohamed (SAW), Louange à ton nom et ta bénédiction!  »

Elles abordent la beauté de la mariée et l’honneur de sa famille. Le reste des femmes se rassemblent à l’extérieur de la maison, laissant quantité adéquate de l’espace pour certaines. Les deux parties étant maintenant debout à l’entrée de la maison, les bénédictions sont déversées sur les nouveaux mariés. Des versets du Saint Coran sont récités .Amen est déclaré en masse, les feux d’artifices s’éparpillent dans l’air. Après cette séance délicate où des voix se sont fait entendre, les membres entrent et mangent ensemble un plat « le casu’uma » avec de la viande fraîche (souvent la viande d’un mouton égorgé dans la matinée). En fin de soirée, la mariée et le marié remercient les deux familles et se chargent de ranger les nombreux cadeaux. Les convives quittent la maison sous les feux d’artifices. Ceci conclut le Diqho. C’est la Fin d’une belle aventure.

 

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