Un parcourt initiatique, terrible, semé d’embûches !

En 2010 Choukri, une jeune Somalienne de 30 ans, a traversé en toute illégalité l’Afrique subsaharienne pour s’embarquer sur un esquif de fortune et affronter la méditerranée afin d’entrer clandestinement en Italie. Elle vivait vit à Torino (Italie) et a réussi à obtenir une carte de séjour en toute légalité. Je reviens sur son parcours héroïque, ses espérances où assez souvent le rêve d’une vie meilleure tarde toujours à se réaliser. C’est un bien terrible voyage que nous raconte l’émission Witness de la chaine Qatari ALJEZIRA à partir du voyage de Choukri en 2010, la jeune migrante dont on suit l’itinéraire et dont les croquis sont reportés dans l’émission. Habitué à entendre les histoires de bateaux d’immigrants qui s’échouent en méditerranée ou les histoires des centres dans lesquels ils sont recueillis, le voyage que des milliers d’africains tentent chaque années a perdu de sa réalité à tous les yeux. Mais Choukri lui donne un visage, et j’apprends surtout combien est long et dangereux ce périple ! Finalement, ça ressemble à un parcourt initiatique, terrible, semé d’embûches et de dangers mortels, et qui d’ailleurs ne mène pas toujours vers cet ailleurs nommé Europe. Mue par un incroyable espoir en un endroit où un avenir meilleur est possible, la jeune somalienne, mère de 4 enfants laissés en Somalie, comme tant d’autres, tente l’aventure. Mais pour ceux qui parviennent au terme de l’épopée, la désillusion est parfois rude. Rien n’est épargné à choukri : les passeurs aux prix exorbitants et aux pratiques inhumaines, la perte de certains de ses compagnons d’infortune à bords d’esquifs qui prennent l’eau, la soif et la faim, la chaleur du désert entre le Sudan et la Libye, les pannes, les policiers, les profiteurs et les trafiquants en tout genre pour finalement affronter l’illégalité en Europe comme « sans-papiers » en attente de régularisation. La narration ne suffisant pas à restituer les mois d’angoissent et de déboires divers, de frustration et de peur, le visage de choukri y accompagne. En effet, les clichés oscillent entre, d’une part les beautés formelles des paysages et des hommes, magnifiées par les propos rapportés, et d’un autre côté les désespoirs qui se lient sur les visages des immigrés et la dure réalité qu’ils mènent à traverser. Choukri nous offre les couleurs du désert et de la mer, les lumières de la somalie, mais aussi ses refuges improvisés et le témoignage de ses difficultés. Bien plus qu’un reportage c’est avant tout une Histoire vraie. Choukri et sa colocataire décrient la dure réalité de leur vécu. Elles, réfugiées certes, pensent à leurs enfants mais se trouvent parfois au cœur d’un malentendu familial. En effet on leur réclame sans cesse de l’argent pour leurs enfants. Et pourquoi j’écris cet article, parce que je connais l’Europe. Douce Europe qui m’a formé dans ses universités. Douce Europe qui m’a émancipé et donné une vie meilleure parce que j’étais universitaire…et en règle !

Cette même Europe n’ouvre ses portes à toutes les femmes. Choukri m’oblige à crier pour dénoncer nos états africains qui laissent pour compte enfants et mères !

 

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