Un peu sous la colère, un peu sous le ras-le-bol.

17494521_1884445808500492_8354922154885644288_nDepuis de longues années, le statut de la femme de la corne n’a pas cessé de subir des mutations. Le fameux code de la famille est passé par là. Initié et mis sur pied par des militantes Djiboutiennes en 2002, il continue de nourrir le débat entre Hommes et Femmes. Ces textes, jugés trop brutales par des unes, trop faibles par des autres, me font réfléchir. Alors suis-je à la recherche d’un autre modèle de femme Djiboutienne ? Cette question mérite toute mon attention car c’est à partir de là que je pourrais connaitre le rôle pour lequel mes consœurs seraient dévouées et la finalité socio-économique que ma société pourrait en tirer. La fièvre de la modernité touche mon continent et les femmes de ma contrée n’ont pas fini de crier leurs maux à l’instar de Nima Djama qui murmure des chants, ou celle qui écrit des maux comme l’écrivaine Aicha Mohamed. A proprement parler, laquelle préfère t-on entre une obéissante « yabsuma » et une éduquée qui vous suggère la rentrée littéraire ? Difficile de rêver mieux  pour nous (femmes Djiboutiennes) entre une styliste renommée comme Anna Getaneh et un prix Nobel comme Wangari Mathai (paix à son âme). Si l’image d’aujourd’hui reflète une femme prédisposée à occuper une position subalterne dans sa société d’émergence, le passé glorieux de mes consœurs à la peau couleur d’ébène n’a jamais été ainsi. Guerrières et intelligentes, elles ont écrit une page de l’Histoire. J’ai appris récemment l’Histoire émouvante de celles qui ont milité pour le drapeau national, pour la république…pour l’indépendance. Je pense à Roukiya Abdillahi, à Saada Ibrahim, à Fatouma  A. Dembil, à Nima Djama et tant d’autres… Je pense à « nos consœurs somaliennes » ! Particulièrement à l’épouse de Mohammed Abdullah Hassan et commandante de son armée Derviche, qui occupa une place de choix. Il serait donc ignorant de lui prêté des positions de second rang. Certes encore beaucoup à Faire pour l’émancipation de la Femme de Djibouti ! Des axes me semblent importants à aborder. D’une part les budgets alloués chaque année aux structures en charge de la promotion de la Femme et dont le seul retombé serait l’organisation des manifestations festives. C’est dommage que ces moments extrêmement rares ne soient pas meublées par des points de réflexion et des recueils des doléances. Il en va de même pour nos femmes politiques qui doivent d’avantage se démarquer pour manifester leurs envies de représenter les minorités non visibles et les discriminées car le droit de l’Homme s’il n’est accompagné de la promotion du genre ne peut être efficace. Par ces réalités défigurées, l’Ethiopie est le seul pays de la région à s’en sortir mieux. Le pays de Menen I affiche sa fierté d’avoir la médaillée Tirunesh Dibaba d’un coté, de l’autre la Miss Meron Abebe. Chaque année des success story se révèlent. Primées et mondialement connues la notoriété des éthiopiennes dépasse le cadre national. La Somalie talonne et se fait remarquer par des héroïnes comme Iman Abdelmajid et Fatima Said. Warris Dirié et son « Desert flower » a réuni des millions de téléspectateurs au monde mais leur seul Handicap est la guerre civile dans leur pays. En attendant, nous aurons toujours un sentiment de laisser pour compte. Mais, je m’y suis fait. Je vis avec. Alors pourquoi est-ce que j’évoque ce sujet ? A cause d’une énième colère que j’essaye de digérer en rédigeant cet article.

Il y a quelques jours, dans un bus de Hodan PK12, j’assiste à une discussion…comment dire « dépourvu de tout respect ». Inutile de dire que j’ai réagi à voix haute… Moi qui suis d’habitude très timide, mais j’ai aimé l’authenticité de certaines femmes qui ne font pas semblant d’être autre chose que ce qu’elles sont. Même si que je n’étais pas en accord avec leurs points de vue, j’ai échangé avec elles, parfois contre elles.

La mentalité de certains adultes m’a laissé bouché-bée. Littéralement.

Un vrai positionnement de la femme et de son rôle…tant dans la société que dans son couple, l’inclusion d’un certain modèle de «  femme Djiboutienne », tous les mots cruels, toutes les anecdotes possibles, toutes les formes de corps/beauté, toutes les structures de visages. Il y avait de tout et ça faisait mal. Puis « ils » ont décrit les caractéristiques de la femme parfaite. Inutile de vous dire, qu’ils ont élu « Soit belle et tais-toi » ou encore « Prend les frics et soumets-toi ». Pire presque plus de la moitié des femmes dans le bus étaient d’accords avec eux. Hein…Seigneur ! Et le cœur d’un femme ? Et les rêves d’enfants de chacune ?

 

 

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